Baisse de la criminalité : les chiffres de la police d’Ottawa remis en question
Plusieurs quartiers problématiques d’Ottawa ont connu une baisse marquée de la criminalité lors des 90 premiers jours de mise en œuvre de la Stratégie d’approche, d’intervention et de mobilisation communautaires (CORE), en 2024, selon la police d'Ottawa. Des élus et des commerçants réfutent toutefois cette affirmation, affirmant même que la situation ne fait que s’empirer. Dans son rapport annuel 2024 dévoilé à la mi-juin, le Service de police d’Ottawa (SPO) dresse un bilan positif de cette stratégie mise en œuvre en août 2024. Selon le corps policier, le nombre d'appels pour signaler des crimes dans les points chauds d'Ottawa a chuté de 16 % du 6 août au 4 novembre 2024. Le Service de police d'Ottawa (SPO) qualifie les huit endroits désignés par des hexagones rouges sur cette carte de points chauds en matière de criminalité dans les environs du marché By. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté de la Commission de service de police d'Ottawa Au cours de la même période, le SPO dit aussi avoir noté une diminution de 37 % du nombre de signalements liés à des actes criminels dans le secteur de Rideau-King Edward et On voit des commerces défoncés, on voit des clients qui ne veulent plus voisiner le marché By parce qu'ils ne se sentent pas [à leur aise]. On voit des gangs qui vont détruire des enseignes, des commerces. Phil Émond est le propriétaire de la Galerie de paysages canadiens Gordon Harrison au marché By, à Ottawa. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Rosalie Sinclair Ce commerçant dit avoir lui-même fait les frais d’une entrée par effraction il y a trois semaines. La conseillère municipale du quartier Rideau-Vanier, Stéphanie Plante, croit elle aussi que la situation est loin d’être résorbée, notamment dans le marché By, un secteur touristique où les criminels seraient encore très actifs, selon cette élue. La conseillère municipale de Rideau-Vanier à la Ville d'Ottawa, Stéphanie Plante. Photo : Radio-Canada / Mathieu Berger La politicienne assure que les résidents du marché By et des environs Stéphanie Plante a d'ailleurs posé des questions quant à la validité des données contenues dans le rapport de la SPO lors de la réunion du conseil de ville la semaine dernière. Lors de cette rencontre, elle a souligné le fait que des entreprises de son quartier ont décidé de prendre les choses en main et de se doter de gardiens de sécurité au cours des deux dernières années, ce qui fausse les données du corps policier, selon elle. Le nouveau Centre d'opération de quartier (COQ) du SPO a ouvert ses portes en août 2024 sur la rue Rideau, à Ottawa, dans le cadre du programme CORE. Photo : Radio-Canada / Charlotte Tremblay Marty Carr, vice-présidente de la Commission du Service de police d’Ottawa et conseillère municipale d’Alta Vista, remet elle aussi en question les données fournies par le SPO dans son rapport annuel. Marty Carr, conseillère municipale du quartier Alta Vista et vice-présidente de la Commission du Service de police d'Ottawa. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Rebecca Zandbergen Mme Carr se demande aussi comment la baisse de la criminalité peut être attribuée seulement au programme CORE alors que d'autres initiatives existent pour contrer la hausse de la criminalité dans la capitale fédérale. Dans son rapport annuel 2024, la police d'Ottawa s'est donné pour objectif d'étendre la couverture du programme CORE à de nouveaux secteurs de la ville ciblés en fonction des besoins des Ottaviens. Le SPO a toutefois refusé notre demande d'entrevue à ce sujet pour le moment. Avec les informations de Charlotte Tremblay
une baisse de criminalité allant jusqu'à 43 %
dans d’autres quartiers, sans toutefois donner plus de précisions à ce sujet.Ce n'est pas ce que nous, on vit dans le marché By. C’est complètement, je dirais, le contraire
, lance le propriétaire de la Galerie de paysages canadiens Gordon Harrison au marché By, Phil Émond.
Les commerçants n'en peuvent plus, au point où ils ont arrêté d'appeler les policiers, parce que ça ne vaut plus la peine
, estime-t-il.On sait que pendant la semaine et surtout la nuit, il y a encore des cambriolages. Il y a encore beaucoup de surdoses. Il y a encore beaucoup d’itinérance
, constate Mme Plante.
Je pense que les gens veulent absolument voir du progrès et les gens pensent qu’il n’y a pas de progrès, qu'il n’y a pas de solution
, renchérit-elle.ne se sentent pas en sécurité
. Elle ajoute qu'il y a eu cinq confinements d'écoles en mai et en juin dans le secteur à cause de menaces.Données incomplètes?

Il n'y a rien de mal à cela. C’est juste que ce n’est pas reflété dans les statistiques si quelqu'un [d'une entreprise de sécurité privée] arrête un cambriolage
, explique Mme Plante.Je pense que les statistiques étaient présentées sans contexte. J'aimerais avoir plus de données, plus d'explications
, ajoute-t-elle.
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